
La Révolution · 5 mai – 6 octobre 1789 · Versailles, Paris, Campagnes de nombreuses provinces
Été 1789 : des états généraux aux journées d'octobre
Députés à Versailles, insurgés parisiens et paysans révoltés mettent fin en quelques mois aux et à la monarchie absolue.
Au pouvoir
, roi de France, puis roi des Français depuis 1774
L’essentiel
- Ce qu’ils demandaient
Abolir les et les , et fonder le pouvoir sur la nation par une constitution et une déclaration des droits.
- Combien ils étaient
7 000 à 10 000 participants
Estimation selon l'historien Loris Chavanette
6 chiffres à comparer- Ce qu’ils ont obtenu
Partiellement obtenue
2 demandes obtenues, 1 en partie, sur 3
En août 1789, l'Assemblée abolit les et vote la Déclaration des droits, que le roi accepte le 5 octobre, jour de la marche des Parisiennes sur Versailles. Mais les principaux restent dus jusqu'à leur : ils ne sont supprimés sans indemnité que le 17 juillet 1793.
Changement : texte adopté env. 1 mois après la demande de juillet 1789
Ce qui était en jeu
3 demandes, et ce qu’il en est advenu.
Fin des et des
Dans les campagnes, les révoltes de l'été 1789 visent les seigneurs et leurs droits. À Versailles, l'Assemblée y répond par l'abolition des , des provinces et des villes.
Partiellement obtenuePartielle à l'issue de la mobilisation de 1789 : partielle en 1789 : et , et sont supprimés ; les sont abolies en principe mais restent perçues jusqu'à leur remplacement ; les pesant sur la terre restent dus jusqu'à . Leur abolition sans indemnité n'intervient que le 17 juillet 1793. L'abolition sans indemnité n'intervient que le 17 juillet 1793, sous la , dans un autre contexte politique.
Une constitution et une déclaration des droits fondées sur la souveraineté de la nation
Le 20 juin 1789, les députés jurent de ne pas se séparer avant d'avoir établi une constitution. L'idée de la faire précéder d'une déclaration des droits aboutit à la Déclaration du 26 août.
ObtenueLa Déclaration est votée le 26 août 1789 et acceptée par le roi le 5 octobre. La Constitution est achevée et acceptée par le roi le 14 septembre 1791.
« Du pain et le roi » à Paris (journées des 5 et 6 octobre)
Les Parisiennes qui marchent sur Versailles le 5 octobre réclament du pain et le retour du roi à Paris. Une partie de la les rejoint.
ObtenueLes manifestantes obtiennent un décret sur les subsistances et des charrettes de pain ; le roi accepte la Déclaration le 5 octobre et s'installe aux Tuileries le 6. L'Assemblée le suit : elle siège à Paris à partir du 19 octobre.
Comment c’est arrivé
12 moments clés. Touchez un moment pour le détail.
Ouverture des états généraux à Versailles
Les députés des se réunissent dans la salle des Menus-Plaisirs.
Le tiers état se proclame Assemblée nationale
Rejoint par une partie du clergé, il revendique de représenter la nation.
Serment du Jeu de paume
Les députés jurent de ne pas se séparer avant d'avoir donné une constitution au royaume.
Renvoi du ministre Necker
Renvoi daté du 11 juillet par J. Tulard et le Larousse ; selon le site de l', la nouvelle provoque l'émoi à Paris le 12, avec des orateurs au Palais-Royal.
Prise des Invalides puis de la Bastille
La forteresse capitule vers 17 heures ; le gouverneur de Launay est tué.
Le roi reconnaît Bailly maire et La Fayette commandant
La veille, il a rappelé Necker.
Début de la Grande Peur dans les campagnes
Les paniques se propagent jusqu'au 6 août environ, mêlées à des révoltes agraires.
Nuit du 4 août : renonciation aux privilèges
La séance du soir se prolonge tard dans la nuit ; les articles sont adoptés à l'unanimité.
Décret « détruisant entièrement le régime féodal »
Une partie des droits reste due jusqu'au .
Déclaration des droits de l'homme et du citoyen
Dix-sept articles précédés d'un préambule.
Marche des Parisiennes sur Versailles
Le roi accepte la Déclaration et les articles de constitution.
La famille royale s'installe à Paris
Le roi quitte Versailles pour les Tuileries ; l'Assemblée le suit et siège à Paris à partir du 19 octobre.
Ce qu’on peut en dire
Le lien entre la mobilisation et le résultat, tel que les sources le discutent.
InterprétationL'été 1789 combine une révolution politique, menée par des députés à Versailles, et des mobilisations populaires, urbaines à Paris et rurales dans les provinces. Pour Timothy Tackett, l'impression d'un embrasement des campagnes joue un rôle déterminant dans la nuit du 4 août, même si les régions touchées par les révoltes étaient sans doute environ dix fois moins étendues que celles de la . Pour Jean-Jacques Clère, l'Assemblée, ne pouvant recourir à la force, devait donner satisfaction aux paysans.
InterprétationL'abolition de 1789 reste en grande partie théorique pour les paysans : les droits pesant sur la terre doivent être rachetés à un prix élevé. Selon J.-J. Clère, les paysans rejettent à peu près systématiquement le principe du , les refus de payer s'étendent, et l'abolition sans indemnité n'arrive qu'en 1792-1793. Il souligne que les paysans eurent conscience de ne devoir cette victoire qu'à eux-mêmes.
InterprétationLes causes de la restent débattues. L'historien Georges Lefebvre y voyait la croyance en un « complot aristocratique ». Timothy Tackett propose plutôt une peur de l'effondrement de l'. Une étude parue dans Nature en 2025 modélise sa propagation de ville en ville le long des routes et la relie à des facteurs comme le prix du blé ou le régime de propriété : les auteurs y voient une réaction en partie rationnelle, lecture que des historiens discutent.
Pour aller plus loin
Le récit complet8 paragraphes, 2 images
Louis XVI réunit les à Versailles à partir du 5 mai 1789 pour répondre à une grave crise. Le 17 juin, les députés du , rejoints par une partie du clergé, se proclament Assemblée nationale. Le 20 juin, trouvant leur salle fermée, ils jurent dans une salle de voisine de ne pas se séparer avant d'avoir établi une constitution.
À Paris, la colère monte en juillet : troupes massées autour de la ville, prix du pain élevé, puis renvoi du ministre Jacques Necker le 11 juillet (J. Tulard, Larousse), dont la nouvelle agite Paris le 12 (site de l'). Au Palais-Royal, des orateurs comme Camille Desmoulins haranguent la foule. Le 13, les électeurs parisiens réunis à l'Hôtel de Ville élisent une commission permanente chargée de l'approvisionnement et créent une milice civique.
Le 14 juillet au matin, la foule s'empare aux d'environ 30 000 fusils et 12 canons, mais manque de poudre. Elle se tourne vers la Bastille, forteresse-prison qui ne détient plus que sept prisonniers. La , une trentaine de Suisses et environ 80 invalides selon le Larousse, capitule vers 17 heures ; le gouverneur de Launay et le Flesselles sont tués. Les assaillants viennent surtout du faubourg Saint-Antoine, avec une minorité d'étrangers (53 nés hors de France, et 3 probables, parmi les 668 vainqueurs dont l'origine est connue).
Le roi rappelle Necker le 16 juillet et, le 17, reconnaît les nouvelles autorités parisiennes : Bailly comme maire et La Fayette comme commandant de la .
Entre le 20 juillet et le 6 août environ, des vagues de panique traversent les campagnes : on redoute l'arrivée de « brigands ». Elles se mêlent à des révoltes agraires distinctes, souvent commencées une à deux semaines plus tôt, qui visent des seigneurs ; dans quelques régions (Dauphiné, Franche-Comté, Normandie), des bandes attaquent ou brûlent des châteaux. La Bretagne ou la Lorraine ne sont qu'à peine touchées par la panique.
Dans la nuit du 4 août, l'Assemblée adopte à l'unanimité une série de renonciations : fin du et de la , des , des , des , de la et des privilèges des provinces et des villes ; accès de tous aux emplois. Mais les autres sont seulement déclarés .
Le décret du 11 août met ces décisions en forme. Son article 1er proclame la destruction du , mais précise que les droits non supprimés sans indemnité continueront d'être perçus jusqu'à leur remboursement. Le prix et les modalités du sont renvoyés à plus tard.
Le 26 août, l'Assemblée adopte la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen, en 17 articles : égalité en droits, souveraineté de la nation, loi expression de la volonté générale, propriété « inviolable et sacrée ». Le 5 octobre, des milliers de Parisiennes marchent sur Versailles pour réclamer du pain ; le roi accepte ce jour-là la Déclaration et les premiers articles de la Constitution, puis s'installe à Paris, aux Tuileries, le 6 octobre.


Chaque demande, étape par étapedemande, réponse, décision, application
Chaque fil suit une revendication de sa formulation à son bilan. Le style du trait dit la solidité du lien entre la mobilisation et le résultat.
- Demande
- Étape qui réalise la demande
- Autre décision d’une autorité
- Réponse (annonce, réunion, refus)
- Lien direct
- probable
- discuté ou indéterminé
Revendication 1/3
Fin des droits seigneuriaux et des privilèges
Dans les campagnes, les révoltes de l'été 1789 visent les seigneurs et leurs droits. À Versailles, l'Assemblée y répond par l'abolition des privilèges d'ordre, des provinces et des villes.
Partiellement obtenuePartiellement obtenue
Partielle à l'issue de la mobilisation de 1789 : partielle en 1789 : servage et mainmorte, justices seigneuriales et privilèges fiscaux sont supprimés ; les dîmes sont abolies en principe mais restent perçues jusqu'à leur remplacement ; les droits seigneuriaux pesant sur la terre restent dus jusqu'à rachat. Leur abolition sans indemnité n'intervient que le 17 juillet 1793. L'abolition sans indemnité n'intervient que le 17 juillet 1793, sous la Convention, dans un autre contexte politique.
- Demandejuil. 1789
- Vote4 août 1789
- Vote (réalise la demande)11 août 1789
- Réponse18 sept. 1789
- Vote15 mars 1790
- Vote3 mai 1790
- Vote18 juin 1792
- Vote25 août 1792
- Vote (réalise la demande)17 juil. 1793
- Bilan17 juil. 1793
Voir les 10 étapes datées et le lien de causalitéReplier les étapesLien probable
Révoltes agraires dans plusieurs provinces, puis paniques de la Grande Peur à partir du 20 juillet environ : des paysans s'en prennent à des seigneurs et, dans quelques régions, à leurs châteaux.
- Délai depuis l’étape précédente : + env. 1 mois
Séance de nuit : l'Assemblée adopte à l'unanimité l'arrêté de renonciation aux privilèges, sous réserve de rédaction.
- Délai depuis l’étape précédente : + 7 jours
Décret des 4-11 août : le régime féodal est déclaré détruit, mais les droits non abolis sans indemnité restent perçus jusqu'au rachat.
- Délai depuis l’étape précédente : + 38 jours
Lecture de la réponse du roi aux articles du 4 août : il en approuve l'esprit général mais n'y donne pour certains qu'une adhésion conditionnelle, et juge que les redevances en argent devraient être indemnisées.
- Délai depuis l’étape précédente : + 6 mois
Décret des 15-28 mars 1790 sur les droits féodaux : il distingue les droits abolis sans indemnité des droits « utiles », liés à une concession primitive de terre, maintenus jusqu'au rachat. Pour ces derniers, c'est aux communautés de prouver le contraire.
- Délai depuis l’étape précédente : + 49 jours
Décret des 3-9 mai 1790 : le prix du rachat est fixé à vingt fois la redevance annuelle pour les droits en argent, vingt-cinq fois pour les droits en nature. Le rachat suppose l'accord du seigneur.
- Délai depuis l’étape précédente : + 2,1 ans
L'Assemblée législative supprime sans indemnité les droits casuels perçus lors des ventes de terres, sauf si un titre primitif prouve qu'ils sont le prix d'une concession ; la preuve incombe désormais à l'ancien seigneur.
- Délai depuis l’étape précédente : + 2 mois
Les droits féodaux et censuels maintenus jusqu'au rachat sont abolis sans indemnité, sauf si l'ancien seigneur produit l'acte primitif de concession de la terre.
- Délai depuis l’étape précédente : + 11 mois
La Convention supprime sans indemnité tous les droits féodaux restants.
- Délai depuis l’étape précédente : + le même jour
Selon J.-J. Clère, les paysans rejettent presque systématiquement le principe du rachat, et les rachats restent insignifiants, sauf dans quelques départements comme la Charente-Inférieure.
Lien probable
La chronologie et plusieurs sources rendent le lien vraisemblable, sans le démontrer.
Trois historiens consultés lient la nuit du 4 août aux révoltes et paniques rurales : pour J.-J. Clère, le recours à la force étant exclu, il fallait donner satisfaction aux paysans ; pour T. Tackett, l'impression d'un embrasement général joue un rôle déterminant ; J. Tulard présente la séance comme une conséquence de la révolte agraire. Pour 1792-1793, les sources consultées ne permettent pas d'isoler la part du refus paysan, sur lequel insiste Clère, de celle du contexte politique.
Revendication 2/3
Une constitution et une déclaration des droits fondées sur la souveraineté de la nation
Le 20 juin 1789, les députés jurent de ne pas se séparer avant d'avoir établi une constitution. L'idée de la faire précéder d'une déclaration des droits aboutit à la Déclaration du 26 août.
ObtenueObtenue
La Déclaration est votée le 26 août 1789 et acceptée par le roi le 5 octobre. La Constitution est achevée et acceptée par le roi le 14 septembre 1791.
- Demande20 juin 1789
- Vote9 juil. 1789
- Vote (réalise la demande)26 août 1789
- Accord5 oct. 1789
- Accord (réalise la demande)14 sept. 1791
- Bilan30 sept. 1791
Voir les 6 étapes datées et le lien de causalitéReplier les étapesLien discuté
Serment du Jeu de paume : les députés s'engagent à se réunir partout où il le faudra jusqu'à l'établissement d'une constitution.
- Délai depuis l’étape précédente : + 19 jours
L'Assemblée, qui réunit désormais des députés des trois ordres (près de 1 200 membres), se constitue définitivement en assemblée constituante.
- Délai depuis l’étape précédente : + 48 jours
Adoption de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen (17 articles et un préambule).
- Délai depuis l’étape précédente : + 40 jours
Par un billet de sa main, Louis XVI accepte « purement et simplement » la Déclaration et les articles de constitution déjà votés.
- Délai depuis l’étape précédente : + 23 mois
Le roi accepte la Constitution achevée, dont la Déclaration forme le préambule.
- Délai depuis l’étape précédente : + 16 jours
L'Assemblée constituante se sépare et cède la place à l'Assemblée législative.
Lien discuté
Des historiens ou analystes en désaccord, ou d’autres causes plausibles.
Cette revendication est portée d'abord par les députés eux-mêmes, dans le cadre des états généraux. Les mobilisations populaires pèsent à deux moments : après le 14 juillet, le roi rappelle Necker et reconnaît les autorités parisiennes ; le 5 octobre, il accepte la Déclaration sous la pression de la marche sur Versailles. Les sources consultées ne permettent pas de mesurer plus précisément leur part.
Revendication 3/3
« Du pain et le roi » à Paris (journées des 5 et 6 octobre)
Les Parisiennes qui marchent sur Versailles le 5 octobre réclament du pain et le retour du roi à Paris. Une partie de la garde nationale les rejoint.
ObtenueObtenue
Les manifestantes obtiennent un décret sur les subsistances et des charrettes de pain ; le roi accepte la Déclaration le 5 octobre et s'installe aux Tuileries le 6. L'Assemblée le suit : elle siège à Paris à partir du 19 octobre.
- Demande5 oct. 1789
- Accord (réalise la demande)5 oct. 1789
- Application6 oct. 1789
Voir les 3 étapes datées et le lien de causalitéReplier les étapesLien probable
Le matin, plusieurs milliers de femmes partent de Paris vers Versailles pour « chercher du pain ».
- Délai depuis l’étape précédente : + le même jour
Le roi accepte par écrit la Déclaration des droits et les articles de constitution ; un décret sur les subsistances est obtenu.
- Délai depuis l’étape précédente : + 1 jour
La famille royale est contrainte de suivre la foule à Paris et s'installe aux Tuileries. L'Assemblée la suit ; sa première séance parisienne a lieu le 19 octobre, à l'archevêché.
Lien probable
La chronologie et plusieurs sources rendent le lien vraisemblable, sans le démontrer.
Les Archives nationales (citées par la Revue française de généalogie) présentent l'acceptation du roi comme obtenue « sous la pression du peuple et de ses représentants » ; la BnF indique qu'elle passe par Mounier, président de l'Assemblée. La marche n'est donc pas la seule pression, mais elle coïncide avec l'acceptation et provoque le départ du roi pour Paris.
Tous les chiffres6 estimations, jamais moyennées
Chaque estimation garde son auteur, sa date, son périmètre et son unité. Seules celles d’un même encadré se comparent. Unités présentes : participants, morts. Elles ne se comparent pas entre elles.
Paris (Bastille)participants
près de 900
Estimation selon des chercheursDavid Garrioch (Monash University), d'après les listes officielles
« Vainqueurs de la Bastille » inscrits sur les listes officielles — Listes établies après coup pour honorer les combattants : elles ne comptent pas toute la foule présente autour de la forteresse.
un millier environ
Estimation selon des chercheursJean Tulard (Encyclopædia Universalis)
Assaillants de la Bastille
Écart entre ces chiffres : du simple au 1,1. Lire le périmètre de chacun avant de comparer ; aucun n’est retenu comme le bon.
Parismorts
une centaine
Estimation selon la présidence de la RépubliquePrésidence de la République (site elysee.fr)
Morts parisiens de la journée du 14 juillet — Bilan sans méthode indiquée ni répartition entre assaillants et défenseurs. Le Larousse, de son côté, compte « une centaine de morts » parmi les assaillants lors du premier assaut (voir l'entrée suivante).
Paris (Bastille)morts
une centaine
Estimation selon l'encyclopédie LarousseEncyclopédie Larousse (article « la Bastille »)
Assaillants tués lors du premier assaut de la Bastille — Synthèse encyclopédique, sans méthode indiquée. Elle ajoute la mort de Launay, de trois officiers, de trois soldats et de Flesselles.
Paris-Versaillesparticipants
7 000 à 8 000
Estimation selon des chercheursJean Tulard (Encyclopædia Universalis)
Femmes parties de Paris vers Versailles — Ordre de grandeur, non un comptage.
7 000 à 10 000
Estimation selon l'historien Loris ChavanetteLoris Chavanette (Les femmes entrent en Révolution, 2026)
Femmes de la marche sur Versailles — Estimation rapportée par le compte rendu de la Fondation Napoléon.
Écart entre ces chiffres : du simple au 1,4. Lire le périmètre de chacun avant de comparer ; aucun n’est retenu comme le bon.
Ce qu’on ne sait pas, ou mal9 limites
- Le nombre de morts du 14 juillet n'est connu qu'en ordre de grandeur : « une centaine de Parisiens » selon le site de l', « une centaine » d'assaillants lors du premier assaut selon le Larousse. Le chiffre de 98 assaillants tués, souvent cité, n'a pas été retrouvé dans une source consultée.
- Le nombre d'assaillants de la Bastille varie selon les décomptes : « près de 900 » vainqueurs sur les listes officielles (D. Garrioch), « un millier environ » (J. Tulard) ; d'autres sites citent 863 ou 954 noms sans source vérifiable.
- Le nombre de femmes parties vers Versailles le 5 octobre n'est qu'estimé : 7 000 à 8 000 (J. Tulard), 7 000 à 10 000 (L. Chavanette). Aucun comptage d'époque n'a été consulté.
- Aucune estimation chiffrée du nombre de communes ou de personnes touchées par la et les révoltes agraires n'a été trouvée dans les sources lues, hormis l'ordre de grandeur relatif proposé par T. Tackett.
- Plusieurs sources n'ont été lues qu'en partie : articles payants de l'Encyclopædia Universalis, résumés de l'étude de Nature (2025) et de l'article de D. Garrioch, articles 1 à 9 seulement du décret du 11 août dans les Archives parlementaires.
- Le renvoi de Necker est daté du 11 juillet (J. Tulard, Larousse) ; le site de l' date du 12 l'arrivée de la nouvelle à Paris. Les deux dates ne se contredisent pas.
- La date de des décrets d'août 1789 n'a pas été vérifiée : le dossier s'arrête à la réponse réservée du roi lue le 18 septembre.
- Le Larousse date du 6 octobre le transfert de l'Assemblée à Paris ; les Archives parlementaires montrent que sa première séance parisienne a lieu le 19 octobre.
- Le billet du roi du 5 octobre est connu ici par un article de presse spécialisée décrivant l'exposition des Archives nationales, et non par la notice des Archives elles-mêmes.
Sources24 références · 5 mai – 6 octobre 1789
Chaque numéro dans le texte renvoie à l’une de ces références. La barre indique la nature de la source, du texte officiel à la synthèse encyclopédique : ce n’est pas une note de fiabilité.
- Texte officiel ou archive 6
- Institution publique ou patrimoniale 4
- Travaux de recherche 7
- Presse 2
- Synthèse encyclopédique 5
- 1Institution publique ou patrimoniale
Le Serment du jeu de Paume (site extérieur)
Assemblée nationale
Réunion des états généraux à Versailles à partir du 5 mai 1789, proclamation de l'Assemblée nationale le 17 juin, salle fermée et serment du 20 juin.
- 2Synthèse encyclopédique
Les assemblées politiques en France depuis 1789 (site extérieur)
Larousse (encyclopédie en ligne)
Proclamation du 17 juin, constitution définitive le 9 juillet (près de 1 200 membres), vote de la Déclaration le 26 août, Constitution acceptée par le roi le 14 septembre 1791, fin le 30 septembre 1791. (Il date aussi du 6 octobre 1789 le transfert à Paris, ce que les Archives parlementaires nuancent.)
- 3Synthèse encyclopédique
Quatorze juillet 1789 (site extérieur)
Jean Tulard · Encyclopædia Universalis
Renvoi de Necker le 11 juillet, Palais-Royal, commission permanente et milice civique créées par les électeurs le lendemain du 12, Bastille défendue par une poignée de Suisses et d'invalides, environ un millier de vainqueurs surtout du faubourg Saint-Antoine, sept prisonniers, rappel de Necker le 16 et reconnaissance de Bailly et La Fayette le 17.
- 4Institution publique ou patrimoniale
La fête nationale du 14 juillet (site extérieur)
Présidence de la République
Troupes autour de Paris, prix du pain, nouvelle du renvoi de Necker connue à Paris le 12 juillet, 30 000 fusils et 12 canons pris aux Invalides, capitulation vers 17 heures, mort de Launay et de Flesselles, sept prisonniers, bilan d'une centaine de Parisiens morts.
- 5Synthèse encyclopédique
Larousse (encyclopédie en ligne)
Renvoi de Necker le 11 juillet ; garnison de 30 Suisses et 80 invalides ; une centaine de morts parmi les assaillants lors du premier assaut ; mort de Launay, de trois officiers, de trois soldats et de Flesselles ; sept détenus.
- 6Travaux de recherche
An inclusive « Nation »: « Foreigners » at the Bastille, July 14, 1789 (site extérieur)
David Garrioch · French History and Culture, vol. 11, p. 50-62 (notice Monash University) · publié le 2023
Près de 900 vainqueurs de la Bastille sur les listes officielles ; origine connue pour 668, dont 53 nés à l'étranger (plus 3 probables).
- 8Synthèse encyclopédique
Grande Peur (1789) (site extérieur)
Jean Tulard · Encyclopædia Universalis
Propagation de la panique entre le 20 juillet et le 6 août 1789 ; six foyers selon Lefebvre ; régions épargnées (Bretagne, Lorraine…) ; la révolte agraire provoque la séance du 4 août.
- 9Travaux de recherche
La Grande Peur et le complot aristocratique sous la Révolution française (site extérieur)
Timothy Tackett · Annales historiques de la Révolution française, n° 335 (OpenEdition) · publié le 2004
Grande Peur de la fin juillet et du début d'août 1789 ; révoltes distinctes, souvent antérieures d'une à deux semaines, avec attaques de châteaux dans quelques régions ; impression d'embrasement déterminante pour la nuit du 4 août ; zones de révolte environ dix fois plus réduites que celles de la Grande Peur ; hypothèse d'une peur de l'effondrement de l'ordre public.
- 10Travaux de recherche
Epidemiology models explain rumour spreading during France's Great Fear of 1789 (site extérieur)
Stefano Zapperi, Constant Varlet-Bertrand, Cécile Bastidon, Caterina A. M. La Porta, Antoine Parent · Nature, vol. 646, p. 358-364 · publié le 27 août 2025
Reconstruction du réseau de transmission de ville en ville par des modèles épidémiologiques, le long du réseau routier, et lien avec alphabétisation, prix du blé, revenus et régimes de propriété.
- 11Presse
Futura Sciences · publié le 29 août 2025
Présente l'étude de Nature : Grande Peur du 20 juillet au 6 août 1789, mouvement jugé rationnel par les auteurs, interprétation débattue par les historiens.
- 12Texte officiel ou archive
Arrêté du 4 août 1789 portant renonciation aux privilèges (site extérieur)
Archives parlementaires, 1re série, t. VIII (Persée) · publié le 1875
Liste des renonciations votées dans la nuit du 4 août (servage, mainmorte, justices seigneuriales, chasse, dîmes, privilèges fiscaux, vénalité des offices, privilèges des provinces et villes, accès aux emplois) ; droits seigneuriaux rachetables ; vote à l'unanimité tard dans la nuit.
- 13Texte officiel ou archive
Décret du 11 août 1789 relatif à l'abolition des privilèges (site extérieur)
Archives parlementaires, 1re série, t. VIII (Persée) · publié le 1875
Article 1er : destruction du régime féodal, abolition sans indemnité des droits liés à la mainmorte et à la servitude personnelle, autres droits rachetables et perçus jusqu'au remboursement ; articles 2 à 9 (colombiers, chasse, justices seigneuriales, dîmes, vénalité des offices, privilèges pécuniaires).
- 14Texte officiel ou archive
Archives parlementaires, 1re série, t. IX (Persée) · publié le 1877
Le roi approuve l'esprit général des articles du 4 août, ne donne à certains qu'une adhésion conditionnelle et estime que les redevances en argent devraient être indemnisées ou rachetables.
- 15Travaux de recherche
Le 11 août 1789 : la société féodale, une fin en dents de scie (site extérieur)
Matthieu Bertozzo · Revue générale du droit · publié le 11 août 2017
Décret des 4, 6, 7, 8 et 11 août : droits perçus jusqu'au remboursement, modalités du rachat renvoyées à plus tard ; décret du 15 mars 1790 ; abolition sans contrepartie le 17 juillet 1793.
- 16Travaux de recherche
L'abolition des droits féodaux en France (site extérieur)
Jean-Jacques Clère · Cahiers d'histoire. Revue d'histoire critique, n° 94-95 (OpenEdition) · publié le 2005
Étapes de l'abolition (1789, 1790, 18 juin et 25 août 1792, 17 juillet 1793) ; prix du rachat au denier 20 ou 25 ; rachats insignifiants ; rôle des révoltes et résistances paysannes.
- 17Texte officiel ou archive
Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen de 1789 (site extérieur)
Légifrance
Texte daté du 26 août 1789, préambule et 17 articles ; article 3 (souveraineté de la nation) et article 17 (propriété inviolable et sacrée).
- 18Texte officiel ou archive
Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen de 1789 (site extérieur)
Conseil constitutionnel
Égalité en droits (art. 1), droits naturels dont la résistance à l'oppression (art. 2), souveraineté de la nation (art. 3), loi expression de la volonté générale (art. 6), propriété (art. 17).
- 19Presse
Les Archives nationales donnent à voir les essentiels de notre histoire (site extérieur)
Revue française de généalogie
Billet du 5 octobre 1789 par lequel le roi, sous la pression du peuple et de ses représentants, accepte « purement et simplement » les articles de constitution et la Déclaration votée le 26 août ; Déclaration placée en préambule de la Constitution de 1791.
- 20Institution publique ou patrimoniale
À Versailles, à Versailles (site extérieur)
Bibliothèque nationale de France · publié le 20 février 2019
Marche des Parisiennes, rejointes par la garde nationale, pour ramener « du pain et le Roi » ; décret sur les subsistances, charrettes de pain, ratification de la Déclaration ; installation du roi aux Tuileries.
- 21Synthèse encyclopédique
Octobre 1789, journées des 5 & 6 (site extérieur)
Jean Tulard · Encyclopædia Universalis
Banquet du 1er octobre à Versailles ; le 5 octobre au matin, sept à huit mille femmes partent pour Versailles « chercher du pain ».
- 22Travaux de recherche
Les femmes entrent en Révolution, 5-6 octobre 1789 (compte rendu) (site extérieur)
Chantal Prévot, sur le livre de Loris Chavanette (Tallandier, 2026) · Fondation Napoléon (napoleon.org)
Estimation de sept à dix mille femmes ; ratification de la Déclaration et retour forcé de la famille royale à Paris ; évolution de l'historiographie, des « furies » aux actrices politiques.
- 23Travaux de recherche
Arrival of the Royal Family in Paris on 6 October 1789 (site extérieur)
Liberty, Equality, Fraternity: Exploring the French Revolution (Roy Rosenzweig Center for History and New Media, George Mason University ; American Social History Project, CUNY)
Le 6 octobre 1789, la foule menée par des milliers de femmes ramène le roi de Versailles à Paris, contre son gré.
- 24Texte officiel ou archive
Archives parlementaires, 1re série, t. IX (Persée) · publié le 1877
L'Assemblée nationale se réunit pour la première fois à Paris, dans la grande salle de l'archevêché, le 19 octobre 1789, comme décidé le 15.






































